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Mystères et légendes : Le bain des rochers

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Dans les champs et les landes de Névez, se dressent de grands rochers, blocs erratiques, parfois d’un volume considérable. On en rencontre surtout aux environs du bourg, à Kergouric, à Kermen, Kerlan, etc. C’est de ces rochers qu’on tire dans le pays la pierre de taille en vue des constructions. 

Savez-vous pourquoi ces masses rocheuses, souvent d’un profil bizarre, ont une forme plus ou moins arrondie ? La légende l’explique en disant qu’elles vont, la nuit de Noël, pendant que la vieille horloge de l’église sonne les douze coups de minuit, boire de l’eau à la mer. C’est alors le moment, pour les chercheurs de trésor, de faire fortune, car sous la plupart de ces rochers se trouve de l’or caché. 

On raconte la mésaventure d’un jeune gars de Trégunc (on dit, à Trégunc, que le héros de l’histoire était de Névez !). Ce garçon de ferme, avait entendu dire que les bœufs parlent la nuit de Noël et qu’ils disent des choses merveilleuses. Il voulut en avoir le cœur net. 

Le Poulguin

Une nuit de Noël, étant de garde, il resta veiller près de l’étable, après avoir donné à manger aux bœufs. Et voilà qu’il entend un des bœufs dire à son voisin :

– « Cette nuit les rochers vont boire de l’eau à la mer ». 

– « Oui, c’est vrai, répond son compagnon, il y a cent ans qu’ils n’y sont pas allés. Si notre maître savait cela, il pourrait faire fortune, car sous le rocher qui est là, à côté de la ferme, il y a de l’or caché.

« Oui, répond l’autre, c’est encore vrai ; mais il faudrait qu’il se presse de ramasser l’or, car le rocher ne mettra à faire sa tournée à la mer, que le temps pour l’horloge de l’église de sonner les douze coups de minuit ». 

Voici que brusquement se fait entendre le premier coup de minuit. 

Le jeune homme bien vite prend le sac sur lequel il est assis, et se précipite vers le rocher qui avoisine l’étable. Le rocher est déjà parti, et, à sa place, sous les reflets de la lune, brille quelque chose. 

N’osant toucher de la main ce corps brillant, le jeune campagnard y met un bâton qu’il agite. Aussitôt retentit un son métallique comme celui de l’or qu’on remue. Notre homme se met alors à remplir son sac.

Hélas ! Le douzième coup résonne à la vieille horloge, et aussitôt le rocher vient reprendre sa place. 

Le jeune homme avait trop tardé. Il fut pris sous le rocher ; il y est toujours, dit-on.

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