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Particularités du breton de Névez

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Vous vous êtes donné beaucoup de mal pour apprendre le breton,  mais lorsque vous voulez pratiquer à Névez vous avez quelques difficultés. Pour vous aider, nous reproduisons ci-dessous un article d’Arthur Le Beux, paru dans le Bulletin Diocésain d’Histoire et d’Archéologie – année 1938.

Source: Archives diocésaines de Quimper et Léon

A Névez, comme  à  Trégunc, l’article, d’ordinaire, ne se prononce pas. On en fait seulement sentir la consonne n ou r.

Si le mot qui suit l’article commence par une voyelle, la consonne de l’article en devient comme la première  lettre.

Exemples: « le vent », an avel: ‘nael. « La pomme », an avol : ‘naol.

L’accent tonique, qui est très fort et cause d’abréviation, se place souvent sur l’antépénultième alors que, dans les autres paroisses bretonnantes, il affecte la syllabe pénultième.

Exemples: An Aviel, « l’Evangile », se dira : ‘nàviel. Et l’on  passera  si  rapidement sur le v que l’auditeur saisira: ‘naiel. Deut, m’ar plich, da lenn ‘nàiel war ma merc’h : venez, s’il vous plait, lire l’évangile sur ma fille.

Le z final devient un t, ou un d, dans les noms, les adjectifs, les verbes, les adverbes. Exemples :

Dans les noms : Kaz, « chat », fait  kat. –  Ar c’haz  fait:  ‘rc’hat. Targaz  fait:  targat.  Frouez, « fruits » fait: froued.  Karantez,  charité,  fait : Karanted.

Dans les adverbes: Warc’hoaz, arc’hoaz, « demain » feront: Warc’hoat ,• arc’hoat. C’hoaz: « encore » fait  c’hoat : arc’hoat me reyo c’hoat.  «Demain je ferai encore ».                    •

Il y a des exceptions nombreuses dont voici quelques exemples : kreiz, « milieu », e kreiz, « au milieu »,  font  kreich,  e  kreich,  et  non pas: kreit. Le mot kreit signifie « coquillages ». Frez, « herse », freza, « herser », ne  prennent pas le t. On dit: beuz, koat beuz, « buis ». Quant au mot beut, il signifie « noyé ».

Dans cette phrase: ‘r c’hat brit kod n’eus lipet ‘l led pit a pit : ar c ‘haz briz koz n’eus lipet al leus  piz a piz, n’eus ne fait pas n’eut ; pas plus que dans: n’eus ket, « il n’y a pas ». Mais, pour: n’hoc’h eus ket evet, n’ho peuz ket evet, on dira: ‘p’eut ket eut, « Vous n’avez pas bu ». Niza, « vanner », fait nid ou nit ; nizet fait niet. Neza, « filer »,  fait neo. Eva, « boire », fait eo.


Arthur Le Beux, né à Trégunc en 1872, est mort en 1947, après une vie d’ecclésiastique commencée en 1898 (on l’aura deviné au travers de certains exemples). Membre de la Société Archéologique du Finistère, il est l’auteur de nombreux écrits (des cahiers d’écolier manuscrits) sur Trégunc, de l’origine de cette commune jusqu’au début du 20ème siècle : la vie des Tréguncois, la généalogie des nobles, des descriptions de manoirs, édifices religieux, monuments et des anecdotes.

Source: Les Amis du Patrimoine de Trégunc

admin

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